Le pourquoi du comment

... Je me suis lancée dans l'aventure du Zéro Déchet.
Pour avoir un début d'explication, il faut remonter à ma grossesse. Auparavant, j'avais beau être soucieuse de l'écologie et de l'impact de l'Homme sur l'environnement (au point de pleurer devant l'ours blanc piégé sur sa banquise), je dois dire que je ne réfléchissais pas vraiment à ce que je pouvais faire au quotidien pour améliorer les choses. A mon sens, c'était avant tout aux gouvernements de faire appliquer des lois, notamment pour forcer les industriels à produire de façon plus responsable et mois nocive.

De plus, ma soeur et moi avons été élevées par un mère seule, qui travaille, et qui n'a jamais trouvé le temps ou l'envie de cuisiner. A nous, donc, les plats industriels tout faits et les céréales le matin (et parfois même le soir quand la flemme de faire chauffer à manger se faisait sentir), les sodas, les gâteaux... bref, du prêt à manger, pensé pour nous, ne nécessitant aucune réflexion.
Et on adorait ça, on va pas se mentir !
Les rares moments où on mangeait des plats cuisinés, c'était chez notre père, et c'est lui qui m'a appris à faire mes premières recettes. Mais une fois tous les quinze jours, c'était bien peu pour susciter en moi un réel intérêt. Il y avait aussi les vacances chez les grands parents où nous mangions de bons petits plats avec les produits du jardin ... ça laisse rêveur, mais la réalité voulait que nous fussions dégagées de la cuisine à coup de pieds au cul, parce qu'il ne fallait surtout pas déranger Pépé fourrant la truite de truffes fraiches.
Pour le reste, les produits d'hygiène étaient, comme pour beaucoup, des produits faciles, à la mode et qui sentent bon. A nous les gels douches, shampoings, après shampoings, masques, rasoirs jetables, maquillage de toutes sortes... J'essaie de me convaincre que nous étions à peu près préservées des produits chimiques parce que ma mère se fournissait en parapharmacie, mais après un an passé à décoder les étiquettes, j'ai des doutes. Au final, je me dis qu'elle payait surtout très cher pour pas grand chose.
Enfin, on en est pas mortes non plus, point de péril en la demeure, mais ça vous plante un peu le décor.
Bref, au bout d'un quart de siècle, je tombe enceinte, ce qui arrive à la plupart des femmes de mon âge, et c'est là que le déclic se fait.
Pour ne pas te mentir, il y a quand même eu, auparavant, des rencontres qui ont amené cette prise de conscience. La plus notable restera celle de Marion, adorable môme que j'ai connue par hasard, et qui, à tout juste 18 ans fabriquait ses cosmétiques dans son bel appart' parisien. C'est grâce à elle que j'ai découvert Aroma Zone. Marion, si un jour tu passes par là, saches que sans le vouloir, tu as engendré une furie. Merci.
La seconde rencontre n'est pas une personne : ayant subi les dégâts d'un félin ayant uriné sur mon canapé, j'ai découvert le vinaigre blanc. Ca à l'air de rien, mais quand tu vois que ce petit truc qui coûte 70 centimes la bouteille peut tout nettoyer dans ta baraque sans la faire exploser, ben tu fais comme moi, tu arrêtes d'acheter du Cilit B**** à 12000 le flacon. Sauf si tu as prévu de tuer quelqu'un.
Mais revenons à nos moutons, où plus précisément à l'alien qui se développe dans le bidon.
Je suis donc enceinte et, comme presque toutes les jeunes femmes enceintes, je me sens très concernée par l'impact que ce que je mange ou ce que je mets sur mon corps aura sur ma descendance à venir. Et c'est là que les premières questions se posent.
En plus, quand t'es enceinte, les magazines et les médias adorent te faire flipper. Partout tu entends qu'il y a des "perturbateurs endocriniens" (tu sais pas ce que c'est, mais rien que le mot fait peur) . Tu sais ce qu'il ne faut pas boire, manger, porter... presque tout est interdit. Et quand tu n'es PAS immunisée contre la toxoplasmose, alors là, c'est le pompon, tu as droit à toutes les mises en gardes du monde dès que quelqu'un croise ta route.
"Mais enfin tu as un CHAT !! Tu te rends compte que tu vas accoucher d'un débile ?"
Ah merde, j'ignorais. Bon ben, désolée le chat. La rocade est pas loin, va en paix.
Heureusement, j'arrive à faire le tri entre bons conseils et le reste. Je me documente, je lis beaucoup ... et j'essaie de me sortir de ce que la société voudrait me faire croire. Pour mes cosmétiques, je privilégie le bio, que j'achètes des mille et des cent en parapharmacie. Pour l'alimentation, je me mets à manger à peu près correctement pour la première fois de ma vie. Je ne cuisine toujours pas, mais je m'efforce de me nourrir de façon variée et équilibrée.
Et surtout, je fais deux choix majeurs qui vont orienter mon parcours. Le premier est d'allaiter mon fils. Ce n'était d'ailleurs pas vraiment un choix, car c'était évident pour moi qu'il serait nourri au sein. Le second est d'acheter des couches lavables.
Je m'inscris donc, petit à petit, dans une démarche plus respectueuse de ma physiologie, de celle de Fils et de l'environnement. J'essaie d'avoir l'accouchement le plus naturel possible, même si je suis dans une maternité et que je finis par réclamer une péridurale.
Fils est né. Il sera allaité quinze mois, et décidera de lui-même d'arrêter le sein. Il aura des couches lavables, même si c'est parfois le parcours du combattant. Au fur et à mesure, je me rends compte que j'en ai ras le bol d'acheter des eaux nettoyantes à 15 euros qui durent deux semaines. Ras le bol de décortiquer les étiquettes des produits que j'achète, et de me rendre compte que j'ai dépensé une fortune pour un gel douche blindé de produits chimiques.
Je me souviens alors de Marion et de son bel appartement parisien, de ses crèmes et mascaras maison. Et me dis que je ne suis pas bête au point de ne pas pouvoir y arriver moi aussi.
Il y a un an, je fabrique ma première eau nettoyante. Suivent les gels douches, les shampoings et les baumes. Et petit à petit, je remplace tous les produits de la salle de bains par mes produits à moi. Je jette beaucoup moins, puisque je réutilise les flacons, et au moins je sais ce que je nous mets sur la peau.
Mais voilà, je ne suis pas encore vraiment engagée dans le zéro déchet. Pour ça, il faut un dernier déclic.
Décembre 2014. L'homme, Fils et moi mêmes subissons un déménagement/réemménagement chaotique. Nous vivons sans meubles ni frigo pendant une semaine. C'est traumatisant, mais après coup, ça nous permet de nous concentrer sur les choses essentielles. Et ça prépare le terrain pour la petite bombe que l'homme va m'offrir à Noël sans même le savoir.
J'avais déjà vu Béa Johnson à la télé. Je m'étais dit en la voyant "Purée mais elle est géniale cette nana C'est juste impossible à faire chez moi, mais c'est génial"
Voilà. Ca, c'était avant que l'homme m'offre son bouquin, et que je me rende compte que si si, c'était AUSSI possible de le faire chez moi.
On est en 2015, et je fais tout pour parvenir au zéro déchet.

6 commentaires:

  1. Comme toi, la venue des mes garçons m'ont donné envie de changer mes habitudes pour aller vers la simplicité. Cette année, je me suis donnée l'objectif de faire mes produits ménagers. Je vais doucement mais l'idée est que ces changements résiste au temps...alors j'ai mes petites phrases dans ma petite tête qui me font prendre de nouvelles habitudes: acheter est un acte militant, alors chaque fois que j'achète je me demande si j'en ai besoin, si je ne peux pas le faire moi même, quel déchet va en découler...bref, cela me permet d'avancer vers le zéro déchet!!
    longue vie à ton blog et à bientôt!!
    alexandra

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    1. Bonsoir !
      Merci pour ton commentaire.
      Il est vrai que nos enfants nous font prendre conscience d'énormément de choses. Pour ma part, quand j'agis, je me demande toujours quel message je vais lui transmettre ; et mon voeu est qu'il grandisse en respectant les autres et la planète, car nous nous sommes trop longtemps conduits en irresponsables.
      Je suis contente aujourd'hui qu'il ignore l'existence de mcdo ou de beaucoup de jouets, mais qu'il sache faire la différence entre le composteur, la poubelle verte et la poubelle noire (qui, je l'espère, aura bientôt disparu)
      Bon courage à toi dans le chemin du zéro déchet ! Tu as raison, il faut y aller petit à petit, prendre une pièce à la fois (c'est comme ça que j'ai fonctionné) et ne pas se laisser décourager.

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  2. Mon parcours n'est pas vraiment le même. J'ai une maman qui a toujours pris le temps de cuisiner des plats avec les légumes du jardin de mon papa. On m'a vite inculqué les joies de la cuisine, même si j'ai cédé au plats tout pret par facilité (c'était loin d'être bon malgre tout)
    Mais en terme de produits d'entretien et de déchet, je pense qu'on pouvait pas faire pire!
    Cependant, j'ai toujours aimé fabriqué mes produits cosmétiques, principalement les masques. Je n'avais même pas idée qu'on pouvait utiliser autre chose pour se maquiller ou se laver...
    Et puis, j'ai emmenagé avec mon homme! j'avais beaucoup trop de carton! du coup, j'me suis penchée vers le minimalisme. Et j'ai découvert Béa Johnson un peu au hasard, en regardant un reportage chez mes beaux parents. Le soir même, j'achetais son livre. Et à peine fini, j'y suis pas allée par 4 chemins! J'ai jamais autant jeté (c'était + rapide, j'avais pas la place de stocker, surtout qu'un déménagement suivait)
    Et tout ces choix m'ont permis de réduire mes déchets et simplifier ma vie! J'ai encore du chemin à faire mais j'ai bon espoir.
    Je suis fière d'avoir fait ces choix et je pourrais accueillir un potentiel bébé dans un environ sain.

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  3. C'est le pire quand tu commences le zéro déchet : tu regardes tout ce que tu dois virer chez toi, et là, tu as la tentation de tout balancer ...
    Heureusement pour moi, je n'ai pas trop jeté suite à mon désencombrement : en fait, comme je travaille dans un centre de loisirs,j'ai littéralement ramené tout ce que je voulais plus. Et soit ce sont les collègues qui ont récupéré, soit ça sert pour des activités, soit ça a été donné aux enfants ...
    En fait j'ai désencombré chez moi,mais j'ai encombré le centre ^^ Mais tout le monde était plutôt content.
    Et quand tu auras ton bébé, ne te laisse pas piéger : nous les jeunes mamans, on est des attrape couillons par excellence. On veut te faire croire que si tu n'a pas telle ou telle chose,tu es une mauvaise mère ... bref ! après m'être faite pigeonner, je me révolte. D'ailleurs, il faudra faire un article là dessus ;)
    A bientôt !

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  4. Ma meilleure amie est toujours en train de me dire "ca on te fait croire que t'en as besoin, mais c'est faux!" alors je lui demanderai conseille ;) et je m'inspirai de ton article aussi ;)
    Par contre, quand je vois ma mère avec ma belle soeur qui est enceinte, j'me dis que je suis pas sortie de l'auberge parce qu'elle lui achète tout et n'importe quoi... J'ai beau leur dire que c'est inutile, ma mère est persuadée que c'est de la jalousie.

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  5. Elle verra que ce n'en est pas quand elle voudra acheter pour toi et que tu lui diras que tu n'en as pas besoin ! ;)

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