Ô Sein - Manifeste pour l'Allaitement au Sein Libre et Décomplexé !

Avec cet article, je souhaite faire une rétrospective sur ma vie de jeune maman, puisque je vais te parler d'allaitement maternel.
Alors, loin de moi l'idée de te faire un discours moralisateur sur ce que doit ou ne doit pas faire une mère. On est toutes différentes, chacune veut le meilleur pour son enfant et agit selon ses convictions.
Je ne critique pas les mamans qui choisissent le lait maternisé industriel pour leur enfant, ça les regarde ; par ailleurs, dans certaines circonstances, ce type de lait peut sauver des vies.
Alors forcément, j'ai allaité 15 mois, donc je défends bec et ongles l'allaitement au sein. Mais en aucun cas je n'irai juger telle ou telle maman pour avoir nourri son bébé au biberon. La première chose à savoir, en tant que mère, c'est qu'il faut arrêter de culpabiliser pour tout ce qu'on fait, ou ne fait pas.
A travers ce texte, je voudrais parler de mon expérience personnelle, et aussi tordre le coup à certaines idées reçues. Je sais que, si pour certaines femmes, donner le biberon est un choix car elles n'aiment pas donner le sein, d'autres vivent le fait de ne pas avoir allaité comme une frustration, voir comme une souffrance. Et, bien souvent, on retrouve là un manque d'informations, de soutien, voire parfois des discours erronés et culpabilisants.
 
Mais commençons par quelques points du culture générale ; tout le monde le sait, mais ça ne fait de mal à personne de se rappeler que :
Le lait maternel est l'aliment naturel et indispensable du nourrisson et, ce disant, je paraphrase le PNNS. Et c'est vrai. Non seulement c'est du lait humain, adapté à l'humain, mais en plus il est génétiquement conçu par la mère pour son enfant ; c'est donc du lait "sur mesure". De plus, chaque lait maternel contient, en plus de ses vitamines, oligo-éléments, minéraux, etc... tous les anticorps de la mère. En donnant le sein, elle les transmet donc à son enfant. Un bébé allaité au sein a, en moyenne, moins de risques de tomber malade qu'un bébé nourri au biberon.
Le lait maternel est naturellement efficace contre les coliques, il est extrêmement facile à digérer par le nourrisson (puisque, comme je le disais, c'est un peu le but).
 
Le lait maternisé n'est pas du lait maternel en poudre. Ce n'est pas du lait humain. C'est du lait de vache, auquel on enlève un pourcentage de protéines et auquel on ajoute des vitamines, minéraux et oligo-éléments qu'on sait être présents dans le lait maternel. Même avec beaucoup d'efforts, le lait maternisé ne peut pas égaler le lait maternel. Même s'il est bio, et tant mieux, ça reste du lait de vache, donc, à priori, destiné aux veaux ; un humain et un veau, ben, on aura beau vouloir me faire croire le contraire, c'est pas la même chose.
Le lait maternisé ne peut pas contenir d'anticorps, puisque c'est impossible à produire chimiquement.
 
Oui, quand tu allaites, tu transmets des choses à ton enfant : ce que tu manges, ce que tu bois. Certaines femmes ne sont pas sûres d'avoir un mode de vie sain et refusent d'allaiter pour cette raison. À contrario, le lait maternisé ne transmets aucun aliment ou autre substance ingéré par la mère, il est donc, pour certaines, plus rassurant.
Tout ce que je peux en dire, c'est qu'il ne passe, dans le lait maternel, qu'une partie infime de ce qu'on mange. Effectivement, je n'irais pas conseiller à des mères qui fument, boivent ou se droguent d'allaiter leur bébé ; mais, cela étant, je ne leur conseillerai pas non plus de tomber enceintes, parce qu'avant d'allaiter, c'est là que le mal se fera.
 
Le lait maternel, comme le lait industriel, est stérile. La seule différence est dans le fait que le lait maternel restera stérile jusqu'à être dans la bouche de l'enfant, puisqu'il n'y a pas d'intermédiaire ; en revanche, dès que tu ouvres la boîte de lait maternisé, le contact de l'air, de la cuillère doseuse que tu met dedans, du biberon dans lequel tu verses la poudre, ce n'est plus stérile. A partir du moment où tes doigts l'ont touché, en fait.
Et non, tu n'as pas besoin de laver ton sein avant la tétée, ça reste quad même stérile.
 
Voilà pour les points généraux. La plupart des mamans se l'entendent dire pendant leur grossesse, quand les sages femmes leur font un discours informatif sur l'allaitement. On va dire que, dans mon cas, la sage femme prêchait une convertie, puisque ma décision d'allaiter est une conviction profonde que je ne m'explique pas forcément.
Passons maintenant à ce qu'on ne nous dit pas, autrement dit, l'aspect pratique des choses :
 
Considérations économiques : le lait industriel coûte cher, environ 15€ la boîte, dont je sais par une amie qu'elle dure à peu près 10 jours. Tous les 10 jours, il faut donc racheter une boîte à 15€. Je n'imagine pas le calcul sur un an, mais à mon avis, avec ce budget, tu peux au moins te payer un weekend à Venise. Sans parler des accessoires (biberons, tétines, etc...)
Le lait maternel qui sort de tes seins est gratuit. Il est livré automatiquement avec chaque grossesse, et t'as pas besoin de t'inquiéter de la fermeture de la pharmacie le dimanche.
 
Considérations écologiques : Je ne sais pas ce qu'il en coûte à ces pauvres vaches de produire le lait qui servira aux nourrissons, pas plus à ce qu'engendre de pollution le fait de le manipuler chimiquement, mais, à mon avis, ça doit pas être sans conséquences. Il faut aussi prendre en compte l'emballage de ce lait, ainsi que les biberons, tétines, cuillères doseuses, conditionnements, stérilisateurs qui génèrent forcément des déchets, même si pour certains, ils sont recyclables.
Les contenants du lait maternel (tes nichons), sont réutilisables à l'infini, pratiques, biodégradables et esthétiques (et c'est important, le côté esthétique)
Petite info bonne à prendre également : dans les laits maternisés en poudre, certains industriels ajoutent de l'aluminium, et l'aluminium, c'est loin d'être tip top niveau santé. Bien sûr, on ne te le dira pas, mais zieute quand même les ingrédients de la boîte !
 
Considérations pratiques : quand tu donnes le biberon, tu as besoin de te déplacer avec tout un barda, que t'as pas intérêt à oublier si tu sors à l'improviste. D'ailleurs, tu ne peux plus sortir à l'improviste, il faut tout organiser, anticiper, planifier...
Quand tu donnes le sein, tu peux faire comme bon te semble, puisque la bouffe de ton bébé est bien au chaud dans tes nichons. Tu peux sortir avec rien d'autre que ton enfant et ta plus Belle robe (forcément décolletée !), aucun risque de famine.
 
 
Purée, ça donne pas envie ?
Tu l'auras compris, l'allaitement au sein, y a pas mieux en terme de minimalisme et de zéro déchet. Besoin de rien, tu es totalement indépendante du système !
 
Entrons dans le vif du sujet : comment moi, Madame E., j'ai vécu la chose pendant 15 mois ? Tu te doutes que ça doit s'être bien passé, sinon je me serais pas farci un tel tank à écrire.
Par contre, une chose que je n'ai pas dit, et que je ne dirai pas, c'est que l'allaitement au sein est facile ; car ça ne l'est pas. Ça ne peut pas l'être, puisque nous vivons dans une société qui nous demande d'ignorer nos instincts. Autant, dans les sociétés où il n'y a que ce moyen pour nourrir les bébés, beaucoup de choses sont évidentes, autant, chez nous, les femmes ignorent souvent complètement comme ça marche et, quand elles ont des questionnements, se heurtent parfois à des murs.
Alors non, allaiter n'est pas "inné" (enfin, techniquement si, mais je me comprends), oui, il y a un apprentissage à faire, autant de la part du bébé que de la mère, et non, tout n'est pas toujours un long fleuve tranquille.

Mon but n'est pas également de te dire que j'ai réussi parce que je suis meilleure, ou que j'ai de la chance. Toutes les femmes peuvent allaiter, toutes sauf de rares exceptions (femmes atteintes d'une pathologie incompatible avec l'allaitement). Mon parcours montre qu'avec un peu de volonté, d'organisation et d'informations, c'est accessible à tout le monde, encore faut il le vouloir (et si tu veux pas, c'est pas grave, chacune fait ce qu'elle veut).
 
Mais je m'en va dès maintenant te raconter ma vie, et, peut être, répondre à certaines questions. Encore une fois, je ne suis pas experte, je partage juste les convictions que j'ai forgées durant ces 15 mois d'allaitement.


 
Chapitre 1 : on démarre.
 
3h40 du matin ; Fils vient de naître. Il est gluant, violet, posé sur mon ventre, et moi je viens d'en chier à mort, malgré la péridurale que j'ai réclamée à grands cris (et qui n'a servi à rien puisque, dans ma concentration, j'ai zappé d'appuyer sur le miraculeux bouton rouge). Au bout de 10 minutes, parce que je sais qu'une mise au sein précoce favorise un bon allaitement, je demande à ce qu'on mette Fils à téter. Il est 4h du mat', et je sens les sages femmes pas franchement motivées, mais j'insiste ; vite fait, la plus vieille dès deux me le met au sein, mais sans vraiment m'expliquer la marche à suivre. Fils tète 17 secondes et demi, puis tourne la tête et regarde partout avec ses yeux de crapaud. Pour l'instant, s'en fout pas mal, de mon nichon.
7H plus tard, je suis seule dans la salle d'accouchement, Fils dans les bras. La relève de la garde a eu lieu, l'homme est rentré chercher quelques affaires, j'ai réussi à aller pisser (fallait sacrément avoir confiance), et je me dis que je vais retenter une mise au sein. Cata. Cata. Cata. Cata. Fils a beau téter joyeusement  pendant, 5/10 minutes, il m'assassine littéralement le sein, j'ai l'impression que le téton va partir avec..
Mais je me décourage pas : comme quand il a fallu que j'apprenne à faire du Photoshop ! C'est une question d'entrainement !
Je comprend, quelque temps plus tard, que j'ai eu mal parce que j'avais mal placé Fils sur le sein, de sorte qu'il ne tétait que le téton. Ne Jamais faire ça. Si tu fais ça, tu vas avoir envie de mourir sur une chanson des Cranberries.
Pour une bonne mise au sein, il faut que la bouche du bébé gobe tout le mamelon ; alors, certes, si tu as des gros mamelons, n'essaie pas non d'étouffer ton bébé avec. Mais il faut qu'il en ai le plus possible dans la bouche. Ensuite, laisse faire, il est programmé pour, logiquement, savoir téter.
Effectivement, mon fils était né à terme, et il était assez vigoureux pour téter de façon autonome. Je ne peux pas parler pour les parents qui donnent naissance à un bébé prématuré. Mais si cela m'était arrivé, j'avais fait la demande, au cours du 6° mois, à la maternité, de pouvoir bénéficier d'un tire lait électrique pour pouvoir nourrir mon bébé avec mon lait, quand bien même serait il trop faible pour téter.
Il faut savoir que cela est possible, et personne ne nous informe de ce genre d'éventualité. Quand on est enceinte, on imagine que la grossesse va bien durer 9 mois ; quand l'accouchement arrive plus tôt que prévu, on est désemparé et souvent on passe complètement à côté des questions d'allaitement, puisqu'on se concentre avant tout, et c'est normal, sur la survie de notre enfant. Mais je pense que si les femmes étaient informées qu'elles sont les moyens d'allaiter leur bébé, même prématuré, en louant un tire lait, elles sauteraient peut être davantage le pas.
En ce qui me concerne, j'avais, au cas où, prévu le coup.
 
Durant les deux ou trois premiers jours, l'allaitement n'est pas agréable, il faut le savoir ; j'avais l'impression que Fils tétait dans le vide, qu'il pompait de l'air. En plus, tout était complètement anarchique : je le mettais au sein, il tétait 30 secondes, puis il voulait plus, donc je le reposais, mais il re-hurlait, donc je proposais l'autre sein, pendant 30 secondes, encore, de pompage à vide ... Finalement, je me le suis collé sous mon t-shirt, au moins c'était plus facile d'accès quand il braillait.
En fait, cette impression de le faire téter dans le vide est normale, vu qu'il n'y a pas de lait dans les seins, mais du colostrum, que c'est hyper pâteux, donc difficile à téter. Fils ne le faisait que pendant 30 secondes parce que ça le fatiguait ; en plus de ça, j'étais, moi, inquiète de sa position, j'avais l'impression de mal faire (quand on est mère, on rejoint le club des angoissés de la vie qui ont toujours l'impression de mal faire).
Je me rappelle même que j'ai eu une cloque au mamelon gauche. Pas douloureux, mais laid. J'ai réussi à m' en débarrasser, je te dirai après comment.
Par contre, il faut continuer, même si on a l'impression de pas y arriver, au début. Deux jours, c'est rien, dans une vie. C'est deux jours de doutes et de galère, mais, au bout du compte, mon bébé s'en sortait très bien, puisqu'il a fait pipi et caca : et, sous cet aspect trivial, il faut bien se dire que si quelque chose sort,  logiquement, quelque chose est entré !
La chose à ne pas faire, c'est, quand bébé hurle, donner une tétine. Téter une tétine est plus facile que téter un sein, et après, on court le risque de voir son bébé refuser le sein ; donc si on fait ça, on se complique l'allaitement. Maintenant, je t'avoues que le coup de la tétine, j'ai été très tentée, ne serait ce que d'en avoir une et de la lui coller dans le bec genre 15 minutes, le temps de chier et prendre une douche. J'ai eu juste de la chance que l'homme, en sortant en acheter une, croise la sage femme qui me suivait et qui savait que je voulais vraiment allaiter ; deux minutes plus tard, elle était dans ma chambre avec une boîte de kleenex, en train d'essuyer mes larmes, soigner ma cloque et m'expliquer ce que je viens de te dire au sujet des tétines. Et surtout, de me déculpabiliser : j'ai le droit naturel et humain de faire mes besoins et de me laver, Fils attendra sa mère quand elle est séant, dûsse-t-il pleurer tout son soul ! Et au cas où j'aurais craint qu'on me le vole, je n'avais, après tout, qu'à faire rouler le berceau dans la salle de bains, la porte était largement assez grande !
C'est pourquoi, même fatiguée, même crevée, même en larmes à deux heures du matin, j'ai continué à proposer mes nichons. Inlassablement. Et je vais te confier une chose : à peine trois jours plus tard, on voit le bout du tunnel. Les galères aussi ont une fin !
 
Chapitre 2 : la montée de lait.
 
J'ai accouché dans la nuit d'un jeudi à un vendredi. C'est le dimanche soir suivant que j'ai connu le jour bienheureux mais ô combien déstabilisant de la montée de lait ! Déjà, dans la journée, une sage femme m'avait fait remarquer que la montée avait commencé, mais je ne sentais rien, mes seins étaient comme d'habitude. Le soir, après une tétée/vide (du moins c'était mon impression), j'ai confié Fils à son père le temps d'aller me doucher. C'est en enlevant mon soutien gorge que je me suis fait la réflexion que j'avais le nichon tendu, lourd et gonflé, mais ça ne m'a pas perturbée plus que ça, puisque ma préoccupation était avant tout de me laver.
En sortant de la douche, je me dis que, quand même, ces seins sont devenus très encombrants ! Pour info, je fais, en temps normal, un 85D, donc pas rien en termes de taille. Pendant ma grossesse, je suis montée à 90E. Le chiffre qui fait peur quand il faut racheter des soutifs. Ça te donne une idée du bouzin que je devais porter !
Chemin faisant quant à l'encombrement de ma poitrine, et surtout au fait que j'ai l'impression qu'elle pèse la moitié de mon poids, je passe, à poil, devant le miroir (peu flatteur) de la maternité, et je manque, sous le choc, de tomber en avant : j'ai les seins carrés. Carrés comme un carré.
Outre que c'est absolument moche, je constate également que lesdits seins ont, au toucher, exactement la même consistance que le meuble en  faux bois sur lequel j'ai posé ma trousse de toilette. Fini le moelleux et le confort ! Si je gifle quelqu'un avec mon nichon, je le tue direct, à moins que le poids ne m'entraîne ...
Je sors de la salle de bains, toujours à poil, puisque ma poitrine ne supporte plus rien (la première montée de lait, ça fait mal). Je passe devant l'homme qui, à juste titre, souhaite me faire part d'un commentaire bien senti sur la situation :
"Ma Chérie, tu as les seins carrés."
Oui. Et pour cette raison, il faut que Fils tète. Maintenant. Urgemment ! Qu'il vide ce surplus encombrant, disgracieux mais ô combien satisfaisant !
Sauf que Fils dort. No rage ...
Là dessus, les sages femmes rentrent pour se présenter suite au changement de garde. Je suis toujours les nichons à l'air.
"Bonsoir Madame. Belle montée de lait !"
Quand elles repartent, Fils dort toujours. Il ne tètera que le lendemain matin, à 6h. Sa première vraie nuit. La première pour moi aussi, même si j'ai gardé mes seins durs comme du bois, et que la moitié de leur contenu à imbibé les draps. Youpi.

Par la suite, les montées de lait ne sont pas aussi impressionnantes, ni douloureuses. Il arrive parfois qu'on ait les seins lourds et gonflés, le matin, au réveil, mais, dans ce cas, c'est qu'il y a eu plusieurs montées de lait au court de la nuit et qu'il y a un "trop plein" dans les seins.
Certaines femmes croient qu'elles n'ont pas assez de lait car elles ne ressentent plus, au bout de quelque temps, cette lourdeur dans les seins ; comme je le dis, c'est normal. Il y a quand même des montées de lait, mais elles sont régulées.
En fait, quand tu as une montée de lait, la sensation est que tes seins te piquent. Au début, ça arrive de façon assez anarchique, puis ça devient plus régulier puisque ça se cale sur le rythme de ton bébé (pratique, le veinard a toujours du lait frais). Et le top du top, quand ton allaitement est bien mis en place, c'est que tes montées de lait se font quand le bébé tète. Tes seins redeviennent tout à fait normaux, et ça pique juste quand tu mets ton enfant au sein.

Chapitre 3 : Jour après jour

Les jours qui suivent la montée de lait sont très satisfaisants en terme de tétée. Ça doit être plus facile pour Fils, puisque le lait vient tout seul, contrairement au colostrum où il faut pomper sévère. Il fait enfin de vraies tétées.
Une bonne tétée (nourrissante), doit durer en moyenne 15 minutes. Avant, c'est du rafraichissement. Après, c'est ce qu'on appelle la tétée câlin, où le bébé tète pour le côté affectif.
C'est pourquoi le lait maternel n'a pas la même composition en début et en fin de tétée : au début, ça ressemble à de l'eau (d'ailleurs, j'ai rencontré une femme qui m'a dit avoir cessé l'allaitement car elle croyait que son lait n'était pas nourrissant, justement à cause de ce côté "eau" qui sort des seins au début de la tétée... encore qu'on a mal informée). Plus la tétée avance, plus le lait devient épais, jusqu'à, à la fin, ressembler à de la crème.
J'ai pigé la composition quand je me suis mise à tirer mon lait. Avant, ça n'allait que dans la bouche de Fils, je pouvais donc pas voir grand chose.
J'ai pratiqué un allaitement à la demande, c'est à dire que je ne me suis pas imposé d'horaires pour nourrir mon enfant. C'est ce qui est recommandé si on veut réussir son allaitement.
A la demande ne signifie pas, par contre, attendre que son bébé hurle à la mort pour le mettre au sein. L'idéal est de le faire à chaque réveil, ou, s'il pleure, juste au début, quand il commence à appeler. J'ai pas forcément d'indicateur miracle. Ça peut vouloir dire redonner le sein alors qu'il s'est nourri 20 minutes avant. Mais à ce moment là, il a peut être envie juste d'une tétée câlin ou bien, comme c'était le cas pour moi, car il faisait très chaud, de boire, tout simplement. Car le lait maternel remplace aussi bien l'eau. Mon fils n'a pas bu d'eau pendant les 8 premiers mois de sa vie, hormis chez la nounou.
Mais dis toi que, plus souvent ton bébé est au sein, mieux c'est.

Ce qu'on ne nous explique pas toujours, c'est que plus le bébé tète, plus les seins produisent de lait ; principe de l'offre et de la demande. Donc plus tu le mets, plus t'en as, c'est pourquoi il ne sert à rien sinon qu'à se compliquer la vie que d'essayer de réguler un bébé durant les premières semaines de sa vie.
Il est inutile, également, d'essayer de ne donner que des "vraies" tétées nourrissante de 15 minutes ; à part se frustrer et frustrer son bébé, ça ne sert à rien. Non, ça ne lui enseigne pas à se réguler, ni à être patient, ni quoi que ce soit d'autre. Un bébé a autant besoin de boire un coup que de faire un câlin. Et non, lui proposer systématiquement le sein n'en fera pas un capricieux, ni un enfant dépendant. Là encore, je mets un coup de pied à cette vieille idée reçue selon laquelle les bébés qui n'ont pas été frustrés et régulés au sein deviennent des enfants capricieux et ne sachant rien faire : à 2 ans juste sonnés, mon fils se lave seul, est (quasi) propre, parle couramment, fait son lit (si si), range ses affaires et mange seul avec une fourchette et un couteau de manière autonome. Il sait demander de l'aide à un adulte, mais si tu t'avises de faire les choses à sa place, il sait aussi te dire de lui foutre la paix.
Bref, il faut qu'il y ait de tout : des tétées de 5 minutes juste pour boire, des tétées repas, et des tétées câlin qui durent pendant des heures, vautrés sur le canapé comme des grosses larves.

Alors oui, je me souviens que Fils était collé à mes nichons H24. Mais j'en avais fait mon parti ; au début j'essayais de retenir les positions d'allaitement vues dans les bouquins ou étudiées chez la sage femme, mais rien ne veut mieux que la débrouille : j'ai fini par trouver la position qui me va : assise  dans un angle de canapé (un fauteuil marche aussi) genoux relevés pour aider à maintenir mon fils que je tenais, autrement, d'un seul bras. L'autre était libre, pour tenir un livre, pour boire, pour manger, etc...
Alors d'accord, la tétée, c'est un moment privilégié entre maman et bébé, et c'est bien de regarder son enfant qui bouffe ; et je le faisais. Mais pas pendant des heures. Je le regardais les dix premières minutes, et après, quand je voyais qu'il était bien parti pour manger et qu'il ne me regardait pas, j'avançais dans le tome 15 du Trône de Fer. Faut pas déconner non plus, j'adore mon gosse, mais je ne suis pas dotée d'abnégation au point d'admirer pendant dix plombes le haut de son crâne qui me suçote le sein. Pas quand l'avenir de Westeros est en jeu.
Et je pense que c'est aussi pour ça que l'allaitement a bien fonctionné : je ne me suis pas obligée à faire ce que les bouquins et les magazines attendent de nous. Il a envie de téter, ok, il tète, mais moi, j'ai envie de lire, alors je lis. Point.
Au bout de quelques semaines, tu finis par adopter un rythme de croisière, et les tétées anarchiques du début s'espacent. Fils se régule tout seul, et on arrive, comme ça, à 7/8 tétées par jour, sans compter la nuit. Là dessus j'ai eu plutôt de la chance, il a eu des nuits assez longues au bout de trois semaines, avec deux tétées : une à deux heures et une à 5 heures.

Là, tu vas me dire : "oui mais voilà, l'allaitement au biberon c'est quand même pratique, c'est pas la maman qui est obligée de se lever tout le temps."
Si tu veux.
En 3 mois d'allaitement "de nuit", je ne me suis jamais levée. Nous ne pratiquons pourtant pas le co-dodo : fils avait sa chambre, et nous dormions dans le canapé du salon de notre T2. C'est l'homme qui s'est levé, toutes les nuits, pour aller chercher fils et le poser à coté de mon sein, que je n'avais qu'à dénuder : j'allaitais allongée sur le côté, et je pouvais, ainsi, continuer mon roupillon (parce que, comme la lecture, c'est pas parce qu'il veut bouffer que je suis obligée d'arrêter de dormir).
J'ai un homme en or, je te l'accorde. Mais bon, je crois aussi que l'allaitement, c'est une histoire qui se vit à trois, papa, maman et bébé, chacun participe. Il avait compris que c'était plus simple pour tout le monde qu'il se lève, que je donnais suffisamment en allaitant, et qu'après tout, aller chercher notre enfant pour se rendormir ensuite, c'était pas la mort.

Il faut savoir dire aux papas que s'ils ne nourrissent pas leur bébé pendant six mois ne les empêche pas d'être de bons pères et de tisser des liens avec leur bébé. Six mois, c'est rien dans une vie ; ils auront tout le temps, au moment de la diversification alimentaire, de préparer de bons petits plats à leur enfant, ou de donner amoureusement la cuillère de petit pot. Alors avant d'en arriver là, messieurs, laissez nos enfants sur nos seins, et rassurez vous, y a un milliard de choses à faire : donner le bain, changer les couches, bercer, calmer, rassurer, câliner ... vous pouvez aussi faire ça, même si vous avez pas de titis !
Personnellement, je détestais donner le bain ! J'aime pas la baignoire, j'étais pliée en deux, j'avais peur de le lâcher, de le noyer, que sais-je ... et, forcément, il sentait mon stress. Donc le bain, je le laissais de bon cœur à l'homme, qui adorait ça. De même, je n'aimais pas faire les soins du cordon ; on avait beau me dire que ce n'était pas douloureux pour Fils, l'idée de lui tripoter son moignon de cordon ombilical me répugnait tout bonnement. Ai été bien heureuse quand il est enfin tombé et que Fils s'est retrouvé avec son nombril ! L'homme, par contre, aimait bien lui curer le truc pour tout désinfecter, donc je lui ai laissé ce bon plaisir !

Dernier point important : je ne sais pas si c'est ce qu'il faut faire, puisque personne ne me l'a dit, mais j'avais décidé de changer de sein à chaque tétée. Certaines préfèrent ne donner qu'un sein jusqu'à ce qu'il soit vide, mais ça me prenait trop la tête de réfléchir à ça, du coup je m'étais dit qu'en alternant droite et gauche, c'était plus simple comme moyen mnémotechnique. Et si Fils s'arrêtait au bout de 3 minutes sur le droit mais continuait à chougner, je passais au sein gauche, et ainsi de suite. Et ça a plutôt bien marché...

Chapitre 4 : (se) Faire confiance

Les choses se passent bien, ça roule, et mes seins reçoivent le prix Nobel du meilleur titi quand la sage femme constate que Fils prend, en 2 jours, le poids que la majorité des bébés prennent en une semaine. Lui qui, à la naissance, fait 49 cm et 3kg pile poil, arrive, un mois plus tard, à 56cm et 5,5kg.
On va dire que ça m'a bien servi, cette belle croissance. Mais chaque bébé, chaque mère est différent, et les choses ne sont jamais pareilles. Ce n'est pas parce qu'un bébé grandit lentement et prend peu de poids que le lait d'une maman n'est pas nourrissant. C'est faux, c'est une idée reçue, et il faut absolument que les médecins, les sages femmes, les pharmaciens, arrêtent de sortir de genre de phrases aux mamans.
Le problème, c'est qu'on est dans une société normée : sur le carnet de santé de ton enfant, tu as la courbe de croissance moyenne. Donc si ton enfant et en dessous, on te fait baliser parce qu'il serait soit disant sous alimenté, et hop, on te colle au lait maternisé fissa, comme ça il prendra vite fait bien fait du poids, et rentrera dans la norme.
Ben on s'en fout, de la norme !
Les bébés, c'est comme nous, ils sont tous différents, y en a des petits, des grands, des gros et des maigres. Laissons les enfin tranquilles, qu'ils grandissent comme ils veulent.
Et en passant, je te donne, comme ça, une info vérifiée qui te fera peut être remettre en question le sacro-saint carnet de santé Français : les courbes de croissance qui sont indiquées dedans proviennent de statistiques qui ont toutes, sans exception, été réalisées sur des bébés nourris au biberon. Si tu veux une moyenne objective des courbes de croissance des nourrissons, va sur le site de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé, normalement, il connaissent un peu le sujet...).
Donc la seule chose que je peux te dire, en tant que Maman, c'est de te faire confiance, et surtout, de faire confiance à ton bébé.
Et c'est, peut-être, ce qui est le plus compliqué dans l'allaitement au sein, c'est que nous sommes obligés de faire confiance à nos bébés, de redescendre de notre piédestal et d'arrêter de se dire que c'est nous, adultes, qui avons la science infuse et savons tout mieux que tout le monde.
Moi, quand j'ai faim, et quand je n'ai plus faim, je le sais, j'ai pas besoin que quelqu'un d'autre m'explique que je suis rassasiée ou affamée. Et si je le sais, c'est pas parce qu'on me l'a appris, c'est parce que je suis quand même pas couillone au point de ne pas reconnaître les signaux que m'envoie mon estomac.
Les bébés, ben c'est pareil : s'ils ont faim, il veulent à manger, même s'ils ont mangé y a 5 minutes. Et quand ils ont plus faim, ils arrêtent de manger, même s'ils n'ont pas forcément tété les 15 minutes réglementaires.
Avec le biberon, c'est facile et rassurant : tu peux voir effectivement que ton enfant a bien bu ses 250 ml réglementaires, puisque c'est marqué sur le bib. Avec le sein, tu vois rien. Mais lâche prise : il réclame, il grandit (même si c'est pas comme sur la courbe du carnet), et surtout, il fait ses besoins : encore une fois, si ça sort, c'est que ça rentre !

Chapitre 5 : reprise du boulot

C'est facile, quand on ne travaille pas, de continuer à allaiter son enfant jusqu'au sevrage naturel (qui survient naturellement, si si). Mais quand la reprise du boulot se profile au bout de 3 mois seulement, et que tu dois confier ton enfant à quelqu'un d'autre, que ce soit une crèche ou une nounou, c'est une autre histoire.
C'est en général à ce moment que beaucoup de mamans qui allaitent partent sur un allaitement mixte, voire sur un allaitement au lait maternisé tout court.
Si, à ce stade, la jeune maman préfère donner le biberon, parce qu'elle n'a pas envie de tirer son lait, parce qu'elle est plus rassurée avec du lait en poudre, parce que le mode de garde qu'elle a choisi refuse le lait maternel, j'ai rien à dire, elle fait bien ce qu'elle veut (et sans culpabiliser : 3 mois, c'est déjà TRES bien !)
L'allaitement mixte n'est pas un compromis : comme je le disais, les montées de lait fonctionnent sur le principe de l'offre et de la demande. Donc plus tu stimules, plus t'en as et, à contrario, moins tu stimules, moins t'en as.
Forcément, si tu passes d'un allaitement au sein exclusif à un allaitement mixte, tes seins seront moins sollicités, tu auras moins de lait, donc ton bébé tètera moins. Cercle vicieux. Au final, tu arrêtera d'allaiter. Donc il vaut mieux trancher et passer sur du lait en poudre, si ça te rassures et qu'au final, tu es plus à l'aise avec ce mode d'alimentation une fois que tu as repris ton travail.

Car allaiter en travaillant, c'est un challenge !
Alors oui, on a vaguement mis en place des mesures censées faciliter l'allaitement au travail, à savoir offrir à la jeune maman une heure par jour pour aller allaiter son enfant. C'est un fake. Du pipeau. Déjà, faut avoir un employeur conciliant, qui verra d'un bon œil que tu te barres en plein milieu de ton taff pour aller donner le sein (j'imagine ça quand tu bosses chez McDo, en plein rush, ça doit être So fun!)
Ensuite, il faut que tu aies le temps d'aller sur le lieu où ton enfant est gardé (on a pas tous une crèche en bas de notre bureau), de l'allaiter et de revenir durant le temps imparti ; pire qu'une épreuve de Fort Boyard.
Last but not least, il faut que la ou les personnes qui s'occupent de ton enfant soient bien disposées à te voir débarquer en pleine journée pour donner le sein, puis repartir. Et c'est loin d'être évident.
A ce moment là, tu constates, comme moi, que travail et allaitement sont loin d'être faciles à concilier. Et, pour tout te dire, je suis même à peu près convaincue que tout est fait pour t'amener à cesser l'allaitement et passer au biberon. Après tout, il faut bien faire vivre les fabriquants de lait ...

Mais si je suis là à te parler de ça, tu t'en doutes, c'est parce que j'ai fermement refusé cette solution. Le boulot reprend ? Très bien. Mais Fils ne boira pas une goutte de lait en poudre. Never of Never.
Du coup, quand on prend cette décision, qu'on est sûre de soi et qu'on s'y tient, alors c'est comme la révolution, ça s'organise.
D'abord, ça s'anticipe : on ne prend pas la décision de concilier allaitement au sein et travail deux jours avant de reprendre le boulot. Si tu fais ça, ma fille, tu vas te flinguer le moral, et tu vas foirer ton allaitement. Ou, si tu le foires pas, c'est que tu es infiniment douée, auquel cas je prierais chaque jour ton nom.

J'ai pris, de mon côté, la décision de conserver un allaitement au sein exclusif très tôt, pendant ma grossesse, c'est à dire dès que j'ai su que je reprendrais le travail après mon congé maternité et que je devrais trouver un mode de garde.
Tout le monde plébiscite la crèche, c'est un moyen que je n'ai même pas envisagé : travaillant avec des enfants en collectivité, je ne sais que trop bien ce que c'est. Impossible de faire du cas par cas, et je ne voulais pas que mon enfant soit obligé de se coller au rythme des 50 autres, qu'il mange à la même heure que les autres, qu'il dorme à la même heure que les autres. La collectivité façonne des robots, et ça arrive bien assez tôt avec l'école maternelle pour qu'on ait en plus envie de les y mettre avant.
De plus, j'ai des horaires à la con, je suis susceptible de commencer à 7h et finir à 19h, puisque mon métier est précisément de m'occuper des enfants pendant que leurs parents travaillent (LOL). Dommage que les crèches n'aient pas cette amplitude horaire, n'est ce pas ? elles ferment toutes à 18h30 au plus tard, ce qui oblige de toute façon à faire appel à une nounou après.
Et enfin, une crèche n'aurait jamais, jamais, jamais, accepté que je fournisse mon propre lait pour nourrir mon fils. Ces structures ont trop de réglementation en matière d'hygiène et de sécurité, et préfèrent les rassurantes boîtes de lait en poudre (même remplies d'aluminium) à des biberons de lait maternel faits maison à réchauffer (en plus, il faut pas de micro ondes, et ça en perturbe plus d'un ...).
Des fois que je sois une grosse dégueulasse et que je n'applique pas les notions d'hygiène de base lorsque je tire et conditionne mon lait, n'est ce pas ?
Bref.
J'ai fait le choix d'une assistante maternelle. Là encore, il faut trouver la bonne, celle qui acceptera tes couches lavables, tes horaires merdiques et ton lait maternel. Il en existe, et plus qu'on ne le croit. De plus en plus ouvrent également des MAM dites "bio" qui sont sensibles à ces questions. Donc il faut s'y prendre en amont et n'arrêter ses recherches que lorsqu'on est sûre d'avoir trouver ZEU nounou. Forcément, pas deux jours avant la reprise, comme je le disais.
Ma nounou est en or. Elle était ok pour les horaires, ok pour les couches, ok pour l'allaitement au sein. Et puis, elle laisse les gosses vivre, ce qui était mon objectif pédagogique principal (j'ai un petit côté Montessori).

Une fois que j'ai eu réglé la question du mode de garde, il fallu s'accorder avec l'employeur. Je travaille pour une Mairie, j'ai fait ma demande d'heure d'allaitement comme il se doit, dès la fin de mon congé maternité (j'avais planifié ensuite de poser tous mes congés annuels pour rester un peu plus longtemps avec Fils). Si tu t'y prends correctement, ils sont tenus d'accepter. Après, à toi de t'organiser avec ta hiérarchie ou tes collègues pour la mise en place.
Pour ma part, j'ai vite compris que même si j'avais une heure, il me serait impossible de faire les allers retours jusque chez la nounou, qui était à 1H à pieds de mon travail (à l'époque, j'avais pas le permis). J'ai donc décidé que, durant cette heure qui m'était offerte, je resterai sur mon lieu de travail, mais que j'en profiterai pour tirer mon lait. D'une part, ça me permettrait de continuer à entretenir ma lactation, puisque mes seins seraient stimulés par le tire lait, et d'autre part, je pourrais constituer des stocks de lait que je donnerais à la nounou.
M'absenter 1H pour tirer une fois mon lait n'étant ni pratique pour le fonctionnement du service, ni rentable pour moi (une bonne tétée ou traite dure 20 min seulement), je me suis organisée pour m'absenter 2 fois dans la journée pendant 30 minutes, ce qui me permettait de tirer 2 fois mon lait. Donc davantage de stimulation et davantage de stock.
Pratico-pratiquement, je prenais ma pause vers 11H : en général, nous ne sommes pas avec les enfants durant ce temps là, et même le mercredi cet horaire correspond à un temps informel. Puis je reprenais une pause aux alentours de 14H, durant le temps de repos des enfants (je travaille en maternelle, mais avec des enfants plus grands, ce temps correspond à du temps libre, on peut donc s'absenter plus facilement, en ayant confié son groupe à un collègue, bien sûr).

Chapitre 6 : Tirer son lait

Mettre en place ce type de fonctionnement demande deux choses : un peu de discipline et un bon tire lait. Et si tu as des collègues sympas, c'est encore mieux.
D'abord, le tire lait. Premièrement, il faut qu'il soit électrique, c'est indispensable. Le tire lait manuel, c'est merdique (je le sais pour avoir essayé). Deuxièmement, il faut qu'il soit à double pompage, c'est à dire que tu puisses tirer sur les deux seins en même temps : gain de temps, en 20 minutes tu as stimulé/vidé tes deux seins, et constitué davantage de stock que si tu dois te taper un nichon après l'autre.
Une chose qu'on ne nous dit pas assez, c'est que la location d'un tire lait électrique est remboursée par la sécu. Il suffit d'une ordonnance, et tu ne débourses pas un centime. Pour info, j'ai gardé mon tire lait pendant 1 an.
J'ai débuté la location deux mois avant la reprise du boulot. Ca peut sembler long à certains, mais, pour ma part, j'avais envie de prendre mon temps pour me familiariser avec l'engin et ne pas être stressée par la constitution des stocks. Ce que je voulais, c'est faire une petite réserve de lait que je congèlerais pour être sereine au moment de la reprise du boulot.
J'ai tiré mon lait, en plus d'allaiter mon fils, au moins 3 fois par jour. Je lui donnais un sein, et quand il avait fini, je tirais sur l'autre sein, ce qui permettait aux deux seins d'être stimulés ; comme, en plus, je l'ai fait durant la période où les montées de lait se mettent en place et se régulent, j'ai pu m'assurer de produire beaucoup de lait.

Le tire lait est un engin qui fait peur : c'est gros, c'est lourd, c'est moche. Quand tes mamelons sont dedans, ça fait peur ; t'as l'impression que tes bouts de seins vont partir dans le tuyau. Mais ça ne fait pas mal. Quand tu démarres, il faut commencer avec la stimulation la plus basse, puis augmenter au fur et à mesure. Si ça te fait mal, tu baisses à nouveau.
Les premières fois, rien ne sort. pas de panique, tu produit quand même du lait ! c'est juste que tes seins ne sont pas habitués à répondre à une machine, ce qui est assez normal, somme toute. La seule chose à faire est de ne pas perdre patience, et de tirer son lait de préférence le matin, en début d'après midi et le soir. C'est la nuit que les meilleures montées de lait se font, donc quand je dis matin et soir, c'est tôt le matin et tard le soir.
J'ai mis environ 3 semaines/1 mois pour avoir des résultats satisfaisants avec le tire lait : environ 40 à 50 ml à chaque sein après avoir tiré. Ça me permettait, en 1 jour, de constituer l'équivalent d'un repas. Mais petit à petit, les seins ont produit davantage de lait en étant stimulés par le tire lait : au mois de décembre, après un mois de reprise, le sein gauche produisait 100ml et le droit est allé jusqu'à 240 ml en une seule "traite".
On a toujours un sein qui produit plus que l'autre ; c'est normal et il n'y a pas forcément d'explication.
En deux mois, j'ai ainsi préparé de quoi nourrir Fils chez nounou pendant 1 mois, à raison de 3 biberons de 180 ml par jour. Pour le dosage, j'ai fait un peu au pif, je me contentais de remplir à fond le petit pot en espérant que ça serait assez. Au début, je donnais 4 pots par jour au cas où, puis je me suis vite aperçue que 3 suffisaient.
Puis, comme chaque jour, je continuais à tirer mon lait au travail, et que mes seins produisaient de plus en plus, je constituais, pendant la journée, tous les repas du lendemain.

Chapitre 7 : Conditionner et conserver le lait maternel.

L'offre marketting en matière de conditionnement du lait maternel est riche, à chacune de trouver ce qui lui va. En ce qui me concerne, j'ai choisi d'acheter des petits pots en plastique recyclables et sans bisphénol A de la marque Avent.
Je voulais des contenants qui soient pratiques à utiliser, tant pour la chauffe (un pot se réchauffe mieux au bain marie et est plus facile à manipuler qu'un sachet de congélation) que pour la prise des repas (de préférence avec juste la tétine à visser au pot pour nourrir l'enfant). Je voulais aussi qu'ils soient réutilisables, pour éviter de racheter tout le temps ; une fois un pot vide et lavé, il peut resservir pour un autre stock.
Ça ne m'a pas empêché d'en acheter près de 80, tellement j'avais de lait .... je me souviens que le congélateur du frigo américain était plein à craquer, les petits pots s'entassaient 3 par 3 sur toutes les étagères, et sur une étagère je casais 36 pots. A la réflexion, j'aurais très bien pu donner mon lait à un lactarium, tellement j'en avais, mais j'ai eu trop peur de manquer.
Aujourd'hui, ces fameux petits pots sont toujours là ! J'en ai donné la moitié à ma sœur pour qu'elle prépare les purées de son fils, et chez moi, ils sont dans le fameux placard de la cuisine "divers". J'ai tout fait avec ces petits pots : préparer les purées, stocker le goûter quand on va en pique nique, fabriquer des jeux Montessori, m'en servir comme contenants pour mes cosmétiques...

Le lait maternel se conserve 6H à température ambiante, 3 jours au réfrigérateur, 3 mois dans un petit congélateur du genre de ceux qu'on trouve au dessus de certains frigos, et jusqu'à 6 mois dans un congélateur indépendant ou de type "américain", qui ont des températures de -19°.
Alors bien sûr, la chose à ne pas faire, c'est laisser le lait dehors pendant 6 heures, puis le mettre au frigo et 3 jours après au congélo. Si tu fais ça, ton lait aura tourné.
Quand j'ai commencé à tirer mon lait, j'écrivais sur le petit pot le jour et l'heure, puis je plaçais aussitôt au congélateur. Au moment de les sortir pour les donner à la nounou, je prenais en priorité les plus anciens.
Il est important de le savoir, et j'avais bien informé la nounou à ce sujet : le lait maternel ne doit pas être réchauffé au micro ondes (qui détruit les propriétés du lait), mais seulement au bain marie. Une fois que tu le sais, ben ça roule...

Et voilà comment, avec tout ça, j'ai continué à allaiter Fils tout en travaillant. Je lui donnais le sein le matin avant de partir et le soir en revenant. Entre temps, chez nounou, il avait droit à 3 biberons de mon lait. Alors certes, de cette façon, on ne respecte pas vraiment le principe d'allaitement à la demande ; mais, en général, et c'était le cas de Fils, à 3 mois, les bébés sont régulés, et il n'y a plus les tétées anarchiques du début. En moyenne, seul avec moi, Fils tétait toutes les 3 heures.
Le weekend, lorsqu'on se retrouvait, je reprenais par contre ce côté allaitement à la demande, pour continuer à stimuler mes seins. Jamais de biberon le weekend !
Quand il a eu 6 mois, j'ai commencé à introduire dans son alimentation des fruits et des légumes mixés puis, plus tard, de la viande. Du coup, j'ai eu moins besoin de tirer mon lait, et les tétées se sont progressivement espacées. Je n'ai jamais remplacé une tétée par un repas. Le midi, je proposais le repas d'abord, le lait ensuite, et petit à petit Fils est resté moins de temps sur le sein à cette heure là. Idem pour le goûter. J'ai donné plus tard le premier repas le soir, vers 9 mois, quand Fils a recommencé à se réveiller la nuit parce qu'il avait faim. C'est aussi à cette période là que j'ai commencé à moins mixer les purées et à donner des morceaux.

Chapitre 8 : Petits et grands tracas

Ainsi que je l'ai déjà dit, allaiter n'est pas forcément un long fleuve tranquille. On rencontre parfois des petits et des gros problèmes. Je vais tenter de te parler de la majorité d'entre eux, même si je ne les ai pas tous connus (en fait, je n'en ai connu qu'un).

Les crevasses : ça fait peur à toutes, mais je n'ai jamais connu. Tout simplement parce que la crevasse est la conséquence d'une mauvaise mise au sein où le bébé ne tète que le bout du téton. Très tôt il faut savoir mettre toute l'aréole dans la bouche du bébé. Comme j'ai fait la boulette qu'une fois avant de corriger la tir, ça ne m'est pas arrivé (mais ma sœur en a eu). La seule chose que j'ai eu, c'est une cloque. Pour soigner cloques et crevasses, tu as trois solutions :
- mettre du lait maternel dessus (le plus zéro déchet selon moi, t'as besoin de rien acheter, mais il faut savoir extraire manuellement son lait et perso, j'ai jamais su)
- mettre de l'huile végétale ou du liniment (mais auquel cas, il faut rincer avant la tétée, et je trouvais ça chiant).
- mettre de la lanoline. Ça cicatrise très bien et pas besoin de rincer. Par contre, te fais pas avoir par le marketting, en pharmacie le tube de 50 ml coûte 15€, donc ultra cher. Il existe par contre des substituts végétaux de lanoline qui sont moins chers et qui fonctionnent très bien. C'est pas forcément zéro déchet, puisqu'il y a un emballage (en verre) mais c'est la solution que j'avais préférée. Par contre, inutile d'en mettre trois tonnes : l'équivalent de l'ongle du petit doigt suffit. Si t'en mets trop, comme c'est très gras, ton bébé risque de mal attraper le sein, de glisser dessus, et forcément ça va accentuer ton problème de crevasses.

L'engorgement/mastite : jamais connu non plus. Ça arrive quand ton bébé ne tète pas assez souvent et qu'il y a un trop plein de lait dans tes seins. Normalement, si tu pratiques un allaitement à la demande, ça ne devrait pas arriver. Si ça arrive (les symptômes sont les seins lourds, tendus, rouges associés à de la fièvre, parfois), pour te soigner, tu te mets sous la douche bien chaude, tu masses le sein engorgé puis tu extrais manuellement le lait pour vider le surplus. Et tu prends un Doliprane si t'as trop mal (tu as le droit, même si t'allaites).

La grève de sein : ça, ça m'est réellement arrivé. Un jour, sans comprendre pourquoi, ton bébé refuse le sein. Il pleure et se détourne quand tu lui proposes. Ce n'est pas la fin de l'allaitement ; en général, une fin d'allaitement n'est pas brutale. Il peut y avoir plein de raisons pour lesquelles le bébé fait la grève : stress, mal aux dents, réaction violente de la maman suite à une morsure, etc...
Personnellement, je n'ai jamais su pourquoi Fils avait fait une grève. Quand ça m'est arrivé, je me suis sentie con et légèrement vexée. Mais j'ai tenu bon. Il faut essayer de ne pas stresser, et continuer à proposer le sein, sans insister face à un refus ; pour tenir le coup, je me suis dit qu'à cet âge là, Fils n'était pas assez autonome pour se nourrir seul, et que, par conséquent, son comportement ne pouvait pas signifier qu'il souhaitait la fin de l'allaitement (soyons logiques : nous refusons un mode d'alimentation quand nous avons d'autres alternatives sous la main). Je n'ai pas forcément de solution miracle, si ce n'est de la persévérance, et essayer de proposer le sein dans une ambiance calme. Fils a recommencé à téter un soir que j'avais volontairement baissé les volets dans tout l'appart pour faire de la pénombre, cessé toutes mes activités et tous les bruits extérieurs (du genre musique) ; j'ai attendu qu'il soit somnolent pour lui donner le sein, alors qu'il tétouillait dans son sommeil. Ça a fonctionné comme ça.

Chapitre 9 : Infos diverses

Contrairement à ce qu'on voudrait bien nous faire croire, tu n'as besoin de rien pour allaiter : les soutiens gorges et hauts d'allaitement ne servent à rien. Je peux te le dire parce que je me suis faite avoir et que j'en ai acheté un bon paquet. Encore une fois, on nous invente un besoin pour nous pousser à acheter des trucs qui se retrouveront à prendre la poussière une fois l'allaitement terminé.
La seule chose à prendre en considération côté vêtements et lingerie, c'est qu'il faut que l'accès au sein soit rapide et pratique : un t-shirt ou une tunique ample qu'on soulève est idéal (mieux que les chemises qui mettent dix plombes à se déboutonner). Si tu mets une robe, il vaut mieux qu'elle soit un peu décolletée.
Pareil, les soutiens gorges n'ont pas besoin d'un côté à dégrafer exprès. Le mieux est que les bonnets soient suffisamment souples pour pouvoir être pliés sans que ce soit inconfortable quand tu dénudes le sein.

Beaucoup de femmes se sentent gênées à l'idée d'allaiter en public. Je ne peux rien pour elles, elles ont certainement un sens de la pudeur que je n'ai pas. Personnellement, j'ai allaité Fils à peu près partout, et jamais je n'ai eu de remarques désobligeantes. Pis si j'en avais eu, je m'en fous un peu : les gens, je les connais pas. La seule personne qui compte et qui va me trainer toute sa vie, c'est mon fils, donc c'est plutôt sa vision à lui qui m'importe.
Ceci dit, pour en faire relativiser certaines, ma sœur, qui porte le Jilbeb (tenue musulmane où on ne voit que le visage - je ne sais pas si je l'écris correctement) allaite son fils en public. Personne ne voit rien. Pour les plus pudiques d'entre nous, je conseille d'avoir sur soi un foulard pour couvrir son bébé et son sein pendant la tétée.

Pour celles qui se posent des questions quant à l'alimentation : non, je n'ai pas adopté de régime particulier pendant l'allaitement de mon fils. J'ai mangé et bu normalement, sans me restreindre. Je n'ai pas plus mangé non plus. Ça ne sert à rien : à la fin de la grossesse, ton corps fait des réserves précisément en vue de l'allaitement. Et allaiter ne fait pas grossir, au contraire. Si tu manges normalement, tu maigris même : les premiers temps les tétées provoquent des contractions qui te font perdre ton gros ventre. J'avais perdu le mien en un mois et demi, et je rentrais à nouveau dans mon 38 trois mois après avoir accouché (j'ai pourtant pris 20 kilos pendant ma grossesse).
Et pour celles qui ont envie de prendre l'apéro avec alcool et qui s'empêchent d'allaiter pour cette raison ... si, c'est compatible. Alors non, tu ne vas pas boire comme un trou et donner les sein à ton bébé après ! Mais si tu donnes le sein à 18h, rien ne t'empêche de boire un petit verre de Tariquet derrière : le temps de la prochaine tétée, il sera loin !
Perso, je ne bois pas vraiment, mais j'aime bien me faire un verre de bière ou de vin de temps à autre. J'ai toujours fait attention à ne boire qu'un verre, et suffisamment espacé de la prochaine tétée. Il faut vivre aussi, c'est pas parce qu'on allaite qu'il faut se priver de tout (et ça, c'est la sage femme qui me l'a dit!)

Parfois, cela arrive, on a une petite baisse de lactation. Dans ce cas, remettre bébé sur le sein de façon anarchique est le meilleur moyen de faire remonter tout ça. Mais il existe des petits coups de pouces : manger du fenouil ou des graines de carvi est un bon moyen de stimuler l'allaitement. Il existe aussi des tisanes (au fenouil et au carvi) qui sont efficaces, mais essaie, dans une optique zéro déchet, de les acheter en vrac !

Chapitre 10 : la fin de l'allaitement.

N'en déplaise à certains, oui, les enfants arrêtent spontanément l'allaitement. Une fois que la diversification alimentaire est bien mise en place, que le bébé mange de tout et avec des morceaux, normalement, progressivement, il se passera de tétées. Avec Fils, l'arrêt de l'allaitement s'est fait aux alentours du 14° au 15° mois, mais chez d'autres enfants, ça peut être vers 2 ans/ 2 ans et demi (c'est une moyenne. Certains arrêtent avant, d'autres après).
C'est la tétée du matin qui a sauté la première, à 14 mois et demi ; elle s'est raccourcie quand Fils a eu envie de goûter ce que nous prenions, nous, pour notre petit déjeuner. A force de compléter sa prise de lait avec le porridge de son père, il a fini par préférer carrément ce dernier mode d'alimentation.
En revanche, la tétée du soir, qui était aussi la tétée câlin de l'avant dodo, à continué encore 3 semaines après la fin de celle du matin, et ce même si Fils prenait un repas complet juste avant.
Et puis, un soir (il avait bien acquis la marche debout), il a pris le sein 5 minutes, puis est retombé du canapé sur ses jambes en me disant "Et dodo moi !". Et il s'est barré au lit. Le lendemain, il a refusé le sein et est allé se coucher immédiatement après le repas. Il est revenu au sein quelques jours après, mais seulement pour un câlin, comme pour vérifier qu'ils étaient toujours là. Finalement, il a complètement arrêté de prendre le sein ; il avait 15 mois révolus.
Je suis convaincue que tous les arrêts d'allaitement peuvent se passer aussi sereinement. La seule condition est que la maman fasse confiance à son bébé et ne se laisse pas influencer par un entourage et une société qui voient d'un mauvais œil un allaitement prolongé, comme si c'était incestueux ou que ça allait faire des enfants débiles. Ceci dit, je pense aussi que si une maman allaite avec pour idée de garder son bébé "bébé", d'être hyper fusionnelle avec lui et de ne pas le laisser grandir, ça peut certes maintenir l'allaitement mais ça ne rend pas forcément service, je pense qu'à ce moment là le bébé tète plus pour faire plaisir à sa mère.
De mon côté, j'ai été aussi bien heureuse d'allaiter que d'arrêter l'allaitement. Comme c'était une conviction profonde, je l'ai vécu avec discipline, devoir, passion, mais jamais comme un fardeau ni avec fanatisme. Se faire sucer les seins n'est pas nécessairement agréable, je n'en ai tiré aucun plaisir physique, mais la satisfaction de savoir que j'étais totalement autonome, indépendante du système pour nourrir ma progéniture, m'a permis de tenir 15 mois sans désespérer ni angoisser de la fin. Quand ça s'est fini, je n'ai rien ressenti, si ce n'est le sentiment du travail accompli.
Alors quand je dis "indépendante du système", c'est une image ... je remercie les pharmacies et les tires lait d'exister, sans quoi mon projet aurait été plus compliqué à accomplir !

Les enfants grandissent avec ou sans nous. Par notre comportement, on peut les aider, ou au contraire les freiner ; mais ils grandiront de toute façon. J'ai eu de la chance que mon Fils ait suffisamment de caractère pour me tenir tête à chaque fois que je n'ai pas vu qu'il voulait grandir : je me rappelle de repas devenus catastrophiques, il refusait d'avaler la moindre bouchée et hurlait, lui qui avait toujours eu un bon appétit, et moi, je m'en rendais malade. J'ai fini, de désespoir, par lui mettre son assiette et une fourchette dans les mains, de lui souhaiter bon appétit et de me barrer de la pièce. En revenant, il avait tout mangé. C'est comme ça que j'ai compris qu'il voulait simplement me faire savoir qu'il était capable de manger tout seul, que ce n'était pas à moi de le nourrir à la cuillère. Il avait 18 mois. Les enfants nous apprennent l'humilité, pour peu qu'on veuille bien s'en apercevoir.

 

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